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MessageSujet: Le silence des minotaures~ (PV Bérénice) Mer 27 Aoû - 15:40
Samaël
Je serra les dents en regardant froidement l'homme à côté de moi. J'était dans une grande cage, enchainé comme un ours dangereux. Il avaient raison en même temps, j'était une personne dangereuse. Je pourrais me libérer sans problème, ce n'est pas deux boulets de quinze kilos chacun, quatre paires de volumineuse menottes qui me retiendrais. Bon, après je pourrais difficilement détruire cette cage. Je haussa les épaules. Il y avait de solutions simples pour m'évader et pourtant.. Je ne veux pas m'évader. J'ai beau être traiter comme un moins que rien, être nourri comme une fillette anorexique, je ne voulais pas partir. Enfin pas tout de suite. Disons que je m'en fichais complètement.

Je réprima un soupir et je me fit craquer les phalanges en regardant les hybrides autour de moi. Il semblait.. Tellement faible. Je pourrais les tuer rien qu'avec un doigt, mais encore une fois je n'avais aucune raison de le faire. Ça ne m'apporterais que des ennuis et je n'ai pas la tête en ce moment à en avoir. Je n'était pas fatigué ni déprimer, enfin je pense pas. C'est juste que je m'ennuyais. La vie me lassais terriblement... Je pourrais me suicider en avalant ma langue ou en me déshydratant, mais je ne devais pas. Je n'avais pas ce privilège. Après tout ce que j'ai fait, après mon sombre passé, je n'avais pas la faveur d'aller dans l'Au-delà. Je devais vivre et souffrir.. L'hybride à côté de moi, qui se nommait Aren, me disait avec un grand sourire:

"Hey Dahanaël! Regarde la bombe!"

Il me désigna du doigt une humaine, je regarda donc la demoiselle. C'est vrai, elle était magnifique.. Elle discutait avec le vendeur, ce tyran, ce faux jeton. Ce dernier lui fit son fameux sourire mielleux et je compris qu'il parlait de moi. J'entendit mon surnom, Dahanaël. Ils ne savaient pas mon prénom, Samaël. Je réprima un petit sourire. Malheureusement, je n'arrivait pas à entendre leur conversation. Peut-être avaient t-ils conclu un accord pour se débarrasser de moi, je ne plaisait à personne. J'avais beau être musclé et intelligent, je ne parlais pas et j'était flippant du haut de mes deux mètres vingt-sept. Je vit ensuite la sublime créature s'approcher de moi, Aren en reste bouche bée. J'esquissa un sourire et la regardais dans les yeux, sans un mot. Je ne pouvais pas bouger en étant enchainé ainsi..
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MessageSujet: Re: Le silence des minotaures~ (PV Bérénice) Lun 1 Déc - 22:35
Bérénice
    La demoiselle en question était effectivement belle ou du moins correspondait-elle aux canons que la société vénérait actuellement. La silhouette fine, équilibrée sur le plan graisseux et musculaire, de beaux cheveux brillants et bien coiffés, une peau dénuée de toute imperfection ainsi qu'une mise en valeur réussie quant au maquillage et au choix de la garde-robe.

    Ce que Bérénice n'était pas vraiment avec ses cheveux en bataille, ses habits passés de mode et son manque de dynamisme apparent sur son corps ainsi que son visage. Rien de bien surprenant considérant que le trimestre qui venait de passer l'avait laissée dans un état de fatigue tel que même après une demi-journée de repos, elle portait encore les stigmates de son état d'épuisement. À l'heure actuelle, elle paraissait tout droit sortie de plusieurs nuits blanches. Des cernes étaient visibles sous ses yeux, sa coiffure donnait l'impression d'avoir subi les effets de l'électricité statique, son teint était blafard et les plis de ses vêtements montraient clairement qu'elle ne les avait pas enlevés depuis un bon moment.

    En somme, niveau classitude, il y avait bien mieux et même si présentement, ce genre de choses l'indifférait complètement, cette allure lui valut quelques regards amusés de la part des clients et des rares passants qu'elle croisa en ce début d'après-midi. Certains se demandaient si elle n'avait pas consacré une nuit entière au plaisir charnel décliné sous toutes ses formes, d'autres se figuraient l'un de ces travailleurs qui s'acharnaient jusqu'à dépasser les limites du cadre professionnel. Des moqueries dont elle n'avait cure, évidemment.

    Évidemment que non puisqu'en cet après-midi, alors que le commun de la société avait déjà entamé la deuxième partie de cette journée de labeur, notre demoiselle nourrissait d'autres projets. Durant ce trimestre, le travail s'était vu placé sous le signe de la pénibilité et de ce fait contrainte d'endosser les responsabilités de trois personnes à la fois au lieu d'une seule, Bérénice avait dû accomplir des tâches auxquelles elle n'avait, à l'origine, pas été assignée. Afin d'éviter les retards sur son travail, elle avait dû, en outre, sacrifier une bonne partie de son temps libre dans l'espoir de prendre un peu d'avance sur ses activités. Néanmoins, en contrepartie, elle s'était négligée un peu plus, jour après jour.

    Son temps de sommeil avait été abrégé, ses repas s'étaient résumés à des nouilles instantanées et elle s'était résignée à laisser de côté – pour ne pas dire « ignorer » les désordres s'accumulant petit à petit dans son intérieur. Une situation éprouvante qu'elle n'avait pas manqué de comparer à sa période d'examens de fin de faculté durant laquelle elle avait failli être poussée à bout. Toutefois, aussi fatigants avaient été ces moments, les efforts déployés avaient fini par porter leurs fruits, ce dont Bérénice se soulageait, malgré tout. Et pour cause, au vu de son application, non seulement ses supérieurs lui avaient accordé une jolie prime sur son salaire mais aussi une période de congés prolongée afin qu'elle puisse se reposer. Des récompenses plus que bienvenues, en somme.

    Tout en poursuivant son chemin dans le magasin, la jeune femme avait passé en revue l'ensemble de ces événements. Outre sa scolarité, les trois mois qui venaient de passer, ses réflexions avait rebondi sur la dernière conversation téléphonique qu'elle avait eu avec sa mère, quelques jours auparavant. Sensible aux accents de fatigue dans la voix de sa fille, la génitrice lui avait fait part de ses inquiétudes et en était venue à suggérer un petit ami pour prendre soin de sa poupinette d'amour. En revanche, malgré que Bérénice avait clairement montré son désaccord sur la question, cette idée était parvenue à lui en inspirer une autre, bien plus à son goût: embaucher une aide ménagère. Quelqu'un qui serait à même d'accomplir les travaux dont elle préférait se décharger. Quelqu'un qui serait capable de prendre des fonctions auxquelles elle n'avait pas été formée. Quelqu'un qui proposait des services à des tarifs abordables et ce, à n'importe quelle heure de la journée.

    Un hybride, en somme. Telle avait été l'illumination. Son « Eurêka ». Et même si en y réfléchissant un peu plus, l'adoption d'un seul comportait son lot d'inconvénients, même si cela représentait un certain investissement sur des termes indéfinis, les bénéfices qu'elle en tirerait valaient indubitablement leur pesant d'or. Par ailleurs, la cohabitation ne serait qu'une simple formalité si elle choisissait un hybride suffisamment agréable à vivre avec une personnalité compatible avec la sienne. Aussi, le trouver constituait la raison de sa présence sur les lieux. Quoi de mieux, en effet, que de se rendre sur place, dans un milieu on ne peut plus adéquat afin de pouvoir en juger d'elle-même.

    Ce n'était pas sa première visite en animalerie, mais la deuxième. Pourtant, sa démarche demeurait la même et le sentiment d'inaccoutumée vis-à-vis de cet endroit transparaissait dans son attitude. Ses pas étaient lents, son regard furetait sur chaque détail – tant visuel que sonore -  susceptible d'accaparer son attention et l'ambiance des lieux continuait d'exercer son étrange influence sur son ressenti. À en juger l'expression de son visage, Bérénice ne se sentait pas vraiment à l'aise au milieu de tout ce décor mais paradoxalement, elle n'éprouvait aucun dégoût, consciente que certains des pensionnaires connaîtraient un funeste destin mais que pour d'autres, c'était un nouveau départ, autrement plus salutaire, qui s'offrait à eux. Quant au regret de ne pouvoir sauver tout ce beau monde, c'était une chose qu'elle avait mis de côté depuis très longtemps de cela. De son point de vue, elle n'avait rien d'une héroïne, malgré ses capacités hors-norme.

    À peine eût-elle suivi le cours de ses pensées que celui-ci fut brusquement interrompu au même titre que sa progression dans le magasin. Dans une exclamation de surprise, Bérénice entra en collision avec l'autre demoiselle qui se trouvait sur sa trajectoire et dont la plainte se chargea aussitôt d'agressivité à son égard. Autant dire que face à cette réaction absente de toute politesse, notre brune n'était guère disposée à faire preuve de sollicitude, aussi se contenta-t-elle de lui renvoyer un regard froid, empreint de cette sévérité implacable que ses collègues lui connaissaient quand quelque chose la fâchait. Cette réponse muette fut toutefois suffisamment compréhensible pour la Belle qui jugea bon de ne point insister davantage et de changer de trottoir. Retour rapide à la tranquillité.

    Enfin presque. Car à présent, un autre sujet d'attention s'était imposé à sa vue dès lors qu'elle s'était détournée de ce menu incident. Tandis qu'elle rajustait la posture de son corps, Bérénice capta, du coin de l’œil, une masse imposante juste derrière les barreaux et s'y attacha durant quelques secondes. Lorsqu'elle se décida à imprimer un mouvement de rotation de la tête, lentement, comme pour éviter toute brusquerie, ce fut avec surprise qu'elle constata qu'elle venait de poser ses yeux...sur un ventre. Et pas n'importe quel ventre car à en juger les abdominaux nettement dessinés, la musculature saillante qu'elle découvrit, le propriétaire tenait plus du catcheur de renommée que du joueur de pétanque. Impressionnant était le mot. Intimidant s'en rapprochait. Et la stupeur de la jeune femme grimpa au fur et à mesure que ses yeux gris convergeaient vers le haut au point d'avoir la tête complètement levée quand elle parvint enfin à croiser les prunelles du colosse. Après cet examen, un constat s'imposa de lui-même: cet homme serait certainement capable d'effectuer des travaux de maintenance et de porter des charges lourdes. Mais il restait d'autres questions à régler comme celle de savoir s'il se montrerait conciliant et si son profil était compatible avec son mode de vie:

    « Euh...Bonjour. Monsieur...», fit-elle poliment, en inclinant légèrement la tête. C'était la première fois qu'elle s'adressait à un hybride dans une cellule, l'hésitation s'en ressentait immanquablement.

    Il fallait bien quelque chose pour savoir à quel genre d'être elle avait affaire. Même si à l'heure actuelle, l'inspiration lui faisait défaut. Quelle carrure, tout de même...Sans compter les entraves auxquelles il était soumis et qui consolidaient son allure titanesque.



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MessageSujet: Re: Le silence des minotaures~ (PV Bérénice) Jeu 4 Déc - 15:56
Samaël
« Euh...Bonjour. Monsieur...»

Aren resta bouche bée en la voyant s'approcher. Ainsi, il pouvait mieux la détailler. Vous connaissez le "coup de foudre"? Je crois qu'il en subis un en ce moment même. Pauvre de lui. Il a toujours préféré les femmes originales, presque sauvage comme il me le dit (A longueur de journée). Il détaillait chaque parcelle de son corps. Chaque centimètre carré de son être. Pauvre demoiselle.. Il s'écria en la regardant avec tendresse*

"Hey mademoiselle! Vous êtes trop bonne!"

Aren.. Manque évident de tact. Imbécile de première. Je lui lança un regard noir, et cette abruti se calma dans la seconde. La voyant qu'elle me regardait, il s'empressa de rajouter:

"Hum.. Désolé.. Je.. Pardon. Lui, c'est Dahanaël. Il ne parle pas. Ou plus, on ne sait pas."

J'approuva d'un hochement de tête et le regarda avec calme. Souviens toi de ce que je t'ai dit si...

"Ah oui.. Il est serviable, poli, silencieux, même si je pense que vous l'avez déjà remarqué.. Discret. Il ne vous embêtera pas. Et absolument pas curieux, en plus d'être obéissant."

J'esquissa un sourire en lui faisant un petit signe de la tête, le remerciant silencieusement. C'est bien, tu as bien dit ce que je t'avais écris. Mais je ne pense pas qu'elle me prendra, ou alors pour quelques temps. Nous verrons bien. Je m'approcha des barreaux en me baissant, faisant au mieux pour me mettre a sa hauteur. Je la regarda dans les yeux. Un instant. J'avais besoin juste de ça pour évaluer sa dangerosité. Elle n'as pas l'air agressive, bien que son style vestimentaire soit dépassé. Ça me plait. Enfin, je peut "parler", en simple pantacourt, large qui plus est. On a plus vu un tel accoutrement depuis la piraterie. On fait la paire, peu soucieux du regard extérieur.
J'esquissa un sourire en baissant la tête. Si vous me prenez, je vous servirais du mieux que je pourrais.
Aren me regarda en secouant la tête:

"Mec.. Tu baisse la tête? Tu as vu sa carrure? Ce n'est pas elle qui te frappera!"

Je sais imbécile. Mais elle force le respect. Il n'y a pas que toi qui aime l'originalité. Sortir des règles que nous impose la société, c'est un exploit. Et rien que pour ça, vous méritez que je baisse la tête. Maîtresse?
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MessageSujet: Re: Le silence des minotaures~ (PV Bérénice) Sam 6 Déc - 16:56
Bérénice
    La surprise se laissa tout d'abord entrevoir sur les traits de la demoiselle qui, outre une tentative d'accroche peu révérencieuse, ne s'attendait pas à recevoir une réponse en provenance d'une personne autre que celle à laquelle elle s'était adressée. Ainsi, ce tiers eut-il droit non seulement à un regard noir de son voisin de cellule mais également à un autre mi-surpris mi-sceptique de la part de l'humaine, accompagné d'un soulèvement de sourcil. Toute trace d'hésitation envolée, Bérénice se demanda si l'homme avait été bercé trop près du mur pour se permettre de telles familiarités alors qu'un simple signalement de sa part à un garde pouvait lui valoir une punition des plus sévères. Néanmoins, elle consentit à laisser toute remarque sarcastique de côté dès qu'il lui fit ses excuses pour ensuite l'orienter vers un sujet d'un meilleur intérêt à l'heure actuelle : la présentation de l'être qui avait aiguisé sa curiosité.

    Une présentation bien utile, après coup, car le sujet en question était muet et qu'en l'absence de matériel d'écriture, il avait par conséquent besoin d'un interprète. Le rôle fut attribué au voisin de cellule dont les paroles accompagnèrent l'examen visuel de Bérénice d'informations qu'il crut bon de mettre en avant afin d'en faire des arguments de vente. Disposée à l'écouter, Bérénice rajusta sa posture croisant les bras sur sa poitrine sans toutefois détacher son regard du dénommé Dahanaël. Bien qu'elle assimila le discours du vendeur improvisé en s'abstenant du moindre commentaire, elle savait que le mutisme ne rendait pas pour autant la personne qui en était atteinte inapte à toute forme de communication. Les signes, les mimiques, les expressions et autres réflexes corporels constituaient un aspect loin d'être négligeable et qui à l'heure actuelle, intéressaient également l'humaine.

    À en juger l'attitude dont le dénommé Dahanaël faisait preuve, le portrait semblait correspondre, hypothèse d'autant plus confirmée lorsque ce dernier inclina docilement la tête après s'être mis à son niveau. Aux dires de la demoiselle, la fidélité de cette représentation constituait une bonne chose car elle facilitait l'avancement de ses recherches même si c'était à se demander pourquoi un homme nanti d'un portrait aussi élogieux n'avait pas encore trouvé acquéreur. Toutefois, après réflexion, le mutisme restait un handicap et tout le monde n'était pas disposé à en tirer profit, contrairement à la jeune femme qui en plus de considérer la politesse et la savoir-vivre comme les minimums syndicaux, se faisait un point d'honneur à rester discrète sur une partie d'elle-même, bien plus obscure que son quotidien de bibliothécaire.

    En somme, cet hybride correspondait à ses attentes même s'il restait un autre avis sans lequel elle refusait de prendre toute décision concrète : celui du dossier personnel. Les rapports détaillés du suivi, les informations complémentaires, les non-dits, les autres renseignements plus ou moins bons à connaître et susceptibles d'influencer son jugement. S'il y avait un point noir, elle devait le connaître avant de mettre sa vie en jeu. Et son porte-monnaie:

    « Je vous remercie de lui avoir servi d'interprète. Je passerai sous silence votre préambule. », dit-elle sereinement avant de prendre momentanément congé du duo pour partir en quête d'un vendeur, sans attendre de réponse de la part du concerné. Loin d'elle l'idée de faire dans l'excès de zèle mais une mise au clair à ce sujet lui semblait judicieuse car même qu'elle n'avait pas une carrure aussi démesurée que Dahanaël, elle disposait d'autres moyens - indirects dans le cas présent – de se faire entendre. Et puis elle avait sa fierté ! :

    « Excusez-moi? Je souhaiterais avoir le dossier de cet hybride, là. Il m'intéresse. », dit-elle à l'adresse du premier employé qu'elle croisa tout en désignant Dahanaël du regard, indifférente à l'impression qu'elle venait de produire sur son interlocuteur.

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MessageSujet: Re: Le silence des minotaures~ (PV Bérénice) Mar 2 Juin - 22:28
Samaël
Détaillant du regard la demoiselle, je la laissa s'approcher du tyran qui nous gardait. Que pouvais-je faire d'autre, à part la laisser me juger? Rien. Seulement observer, et attendre. Pire qu'un animal qui attends la liberté. J'étais ça. Un foutu animal. Seulement plus maladroit que la moyenne.
Je ne pouvais entendre leur conversation, non qu'il soit trop loin, mais sa voix ne portait pas et était en partis couvertes par les râles des hybrides qui m'accompagnait dans cette galère sans nom. Mes yeux se plissèrent, essayant de surprendre sur leurs lèvres mon sort. En vain. Seulement quelques mots, incertains, et sûrement mal compris, car cela m'étonnerait qu'ils parlent d'osier. Je vois mal cet homme, aussi avare et de mauvaise humeur que Charon, passer son temps à réparer des chaises anciennes.
Je poussa un long soupir, ignorant le regard interrogateur d'Arès, qui prit une inspiration, s'apprêta à parler puis se ravisa. Je laissa mon dos se poser contre les barreaux volumineux de la cage, fermant les yeux.
Inspiration, expiration.
Je sentit une douleur invisible se dissoudre lentement.
Inspiration, expiration.
Elle passa dans mes veines une dernière fois, avant de disparaître enfin.
Serais-ce de l'angoisse? Arès a raison. Je ramollis, je m'affaiblis. Mais les seuls moments où je peut quitter mon refuge, c'est pour aller à la douche, et au petit coin. Pas facile de se maintenir en forme. Ils nous laissent parfois courir, quand il repense à son rôle, de gardien. Foutaise. Venez, les normaux. Venez vivre notre vie, ne serais-ce qu'un mois. Juste un mois. Rien de plus. La folie vous guetterait.

Je passa une main dans mon dos, frottant les marques des barreaux, un sillon rouge entre mes omoplates. Du papier. Le dossier. Je me souviens.

J'étais revenu ici. Après m'être fait renvoyer. Encore une fois. La délicatesse, c'est pas mon fort. J'avais un cassé un vase, et retour à la case départ. Le gérant m'avais envoyé mon dossier en pleine tête, en m'injuriant copieusement. Puis, dix coups de fouets. J'étais exténué. C'était il y a six mois.

D'une main tremblante, je pris le document, en le lisant avec attention. Je ne l'avais ouvert que peu de fois. Sur une grande feuille jaunie par le temps, était inscrit par une machine:

Samaël Shäyä. Né en Sicile, le 18 mars 1981. Mesure 2,04 mètres.
A servi dans l'armée.
A été renvoyé pour raison psychologique, lié à un traumatisme dû à


Les lettres avaient été effacés. De mémoire, elles n'avaient jamais vu le jour. Le texte continua ainsi, d'une écriture humaine, pattes de mouches sur le papier. Celle du gérant.

Premier maître: Aeron Schneider.
Renvoyé car la soeur du maitre avait peur de lui.
Second maître: Stella Skyn.
Renvoyé, pour manque abyssale d'émotion.
Troisième maître: Ahyx Paul.
Renvoyé, pour destruction d'objet .


C'est ainsi que se finissait cette lage. Pas bien épais. Il y avait ensuite quelques feuilles, administrative principalement : acte de naissance, certificat de l'armée, et autres papier utiles à ceux qui voulaient retracer ma vie.
Le peu qui constituait mon dossier ne jouait pas en ma faveur. Je poussa un second soupir, avalant avec difficulté ma salive. Le dossier retrouva sa place, lové dans la poussière derrière la cage qui me retenait prisonnier. Je laissa mes yeux rouges comme le sang détailler la demoiselle, attendant sa décision avec une impatience mêlée de peur. Peur? Imbécile. Ramollis du cerveau.
Je replia mes genoux sur mon torse, faisant grincer les boulets sur le métal de la cage, puis laissa ma tête se poser sur mon genou, le regard vide.
Combien de temps je resterais encore ici?
Arès esquissa un sourire. Il frappa affectueusement mon épaule, en me disant d'une voix qu'il voulait sûrement réconfortante:

 - Ne t'inquiète pas, mec.. Tu stresses pour rien!
 
Imbécile ! Si elle lit mon dossier, je suis condamné à rester encore ici ! Ce qu'elle ne manquera pas de faire, vu son caractère plutôt raisonnable, semblant réfléchir puis agir. Son sourire s'agrandit légèrement. Sa bonne humeur me consterna, je serra les poings pour ne pas frapper son visage où ce sourire joyeux me mettait en rogne. Comment pouvait-il être aussi insouciant ?
Je me tourna, évitant son regard, faisant face au mur sale.

 - Ben bravo, monsieur fait la tête, maintenant !  

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